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Les jeunes qui identifient bien leurs émotions font mieux face au stress

Une nouvelle étude réalisée sur des adolescents trouve un lien probable entre la dépression et la difficulté à exprimer ses émotions négatives de manière précise et nuancée.

Pourquoi c’est important

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a identifié neuf symptômes clairement permettant d’établir un diagnostic de dépression. Cependant les facteurs de risque de cette maladie restent mal connus et probablement multiples.
La Haute autorité de la santé (HAS) estime que près de 8 % des adolescents entre 12 et 18 ans souffriraient d’une dépression. L’adolescence est une période où le risque de dépression est accru et où les jeunes n’ont pas encore toujours la maturité ou le recul nécessaire pour exprimer correctement leurs émotions. D’ailleurs, ce que les chercheurs appellent le score de différenciation des émotions négatives (NED) est au plus bas à cet âge.
Le NED rend compte de la capacité d’une personne à définir précisément une émotion de déplaisir. Par exemple, utiliser des termes précis comme « je me sens contrarié » ou « je me sens frustré » ou « j’ai honte » a un NED plus élevé que de simplement dire « je me sens mal ».

L’étude

Cette étude publiée dans le journal Emotion a été menée par une équipe de chercheurs en psychiatrie à l’université d’Emory aux États-Unis (Géorgie). Leur but était d’établir si le faible NED trouvé chez les adolescents dépressifs était antérieur ou non à la dépression.
233 adolescents, dont 54 % de filles, d’une moyenne d’âge de 16 ans ont été recrutés pour cette étude. Pendant 7 jours, ces adolescents ont dû décrire leurs émotions à raison de 4 fois par jour. Un an et demi plus tard, les chercheurs ont de nouveau rencontré ces jeunes (193 d’entre eux) pour étudier leur évolution émotionnelle.
Résultats : les adolescents qui ont eu du mal à exprimer leurs émotions lors de la première partie de l’étude étaient plus susceptibles de présenter un état dépressif lors d’un évènement stressant. À l’inverse, ceux qui avaient obtenu des scores de NED élevés avaient une capacité de résilience plus importante. Ils maîtrisaient donc mieux les conséquences émotionnelles et comportementales liées à l’exposition au stress.

En pratique

La recherche s’est concentrée sur des adolescents car la survenue d’une dépression durant cette période de vie pourrait avoir des conséquences graves pour le futur des jeunes telles que des dépressions récurrentes, une tendance à la toxicomanie, et des difficultés sociales et affectives.
Aider les adolescents à identifier précisément les émotions qui les animent peut dont les aider à mieux faire face aux évènements stressants mais aussi, peut-être, à réduire le risque de dépression.
Il existe des ouvrages permettant d’aider enfants et adolescents à mieux cerner leurs émotions et à les verbaliser et des méthodes comme les TCC peuvent aussi aider.

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